Les manuels à l’usage scolaire présentent souvent Honoré de Balzac comme un auteur réaliste. Aussi bien se définit-il humblement, dans son « Avant-propos » à la Comédie Humaine, comme n’étant que « le secrétaire » d’une société française dont il entend écrire l’« histoire naturelle » en une vaste fresque totalisante. Établissant un parallèle entre la diversité des espèces zoologiques et celles qu’il avoue cependant plus complexes des espèces humaines, Balzac s’emploiera à découvrir des types humains, puis à les brosser dans leur infinie variété, mettant en lumière les principes et les causes qui préludent à leurs actions. Pour autant, l’ensemble des convictions qui président à la compréhension balzacienne de son époque, quand bien même elles seront soumises à une constante évolution, relèvent bien plutôt d’une perception romantique de la société dans sa dimension politique, esthétique et religieuse. À une appréhension du réel portée par un vif intérêt pour les sciences nouvelles, le romancier mêle ainsi une réflexion propre à l’écriture romantique sur le rapport entre la littérature et l’art, la politique, la société, la religion et la nature. Miroir d’une époque bouleversée et de ses savoirs, l’öuvre balzacienne sera alors, dans sa forme comme dans son contenu, romantique et réaliste, fantastique, mystique et philosophique. Dans ce séminaire, nous étudierons les nouvelles et romans suivants : La Peau de chagrin (publié en 1831, puis en 1834) ; Le chef-d’öuvre inconnu, tout d’abord publié sous un autre titre dans le journal L’artiste en 1831, et enfin La Recherche de l’absolu, paru une première fois en 1834, toutes öuvres maintes fois reprises avant de trouver leur place dans l’édifice sans cesse retravaillé de la Comédie humaine. Inscription par courriel à pektas@uni-muenster.de
- Lehrende/r: Virginie Pektas